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Un nouveau regard sur la sémiologie motrice en psychiatrie : de la physiologie du mouvement moteur volontaire aux résultats d’imagerie fonctionnelle dans les troubles de conversion

Research paper by Stéphane Mouchabac, Jean-Arthur Micoulaud-Franchi, Alexandre Salvador

Indexed on: 04 May '17Published on: 14 Apr '17Published in: Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique



Abstract

Le trouble de conversion constituerait-il un trouble à part ? Vécu comme une réalité par le patient, l’absence de signes « objectifs » à l’examen l’a longtemps fait considérer comme une « pathologie sans substrat ». Or, si la clinique de ce trouble est bien connue, sa compréhension précise reste sujette à interprétation et les mécanismes exacts qui le produisent sont encore mal compris. Ainsi, le fait de ne pas retrouver de lésion explicative dans le cerveau exclut-il la possibilité d’un dysfonctionnement au sein de ce même organe ? On qualifie bien souvent ce trouble de « maladie de l’imagination ou de la volonté », mais au final, on connaît peu de chose sur le fonctionnement cérébral du mouvement volontaire et des représentions mentales dans le trouble de conversion. Alors, dans cette optique, quel pourrait être l’apport des moyens « modernes » d’investigation tels que l’imagerie fonctionnelle ? La mise en évidence d’anomalies fonctionnelles dans le cerveau ne permettrait-elle pas d’ouvrir de nouvelles perspectives théoriques pour ces patients ? L’imagerie fonctionnelle a permis d’explorer des mécanismes plus complexes, jusqu’à présent peu accessibles (émotions, états affectifs, volition, imagerie mentale, processus inconscients), et nous proposons dans cette communication de montrer comment, à l’aide de ces techniques, une pathologie considérée comme un diagnostic d’exclusion et de trouble sans substrat peut être abordée différemment du fait d’explications neurophysiologiques « nouvelles ».