Quantcast

Traitement des formes hormono-résistantes du cancer de la prostate: la chimiothérapie

Research paper by J.-M. Ferrero

Indexed on: 01 Oct '04Published on: 01 Oct '04Published in: Oncologie (Paris, France)



Abstract

Le cancer de prostate est actuellement le cancer le plus fréquent chez l’homme et constitue la deuxième cause de mortalité par cancer dans les pays occidentaux. Au stade métastatique, le traitement est palliatif, faisant appel en première intention à la castration chirurgicale ou chimique, associée ou non aux anti-androgènes. Ce traitement est efficace dans 80 % des cas mais une hormono-résistance survient en général dans les 12 à 18 mois.Lors de l’échappement hormonal, peu d’options thérapeutiques peuvent être proposées.L’association mitoxantronecorti-costéroïdes a montré une amélioration de la symptomatologie douloureuse mais n’était pas associée à une amélioration de la survie. Le docétaxel est un inhibiteur de la dépolymérisation des microtubules qui diminue la croissance des lignées cellulaires tumorales prostatiques de 50 %, à des doses cliniquement acceptables.L’estramustine possède une action cytotoxique par dépolymérisation des microtubules après captation sélective par les cellules prostatiques. Il existe une action synergique entre ces deux agents sur des modèles pré-cliniques. Plusieurs études de phase II ont confirmé l’efficacité de l’association estramustine-docétaxel chez des patients porteurs d’un cancer de prostate hormono-résistant. Deux schémas d’utilisation du docétaxel (toutes les 3 semaines ou hebdomadaire) ont été utilisés avec des profils de toxicité différents. Les études de phase II avec le docétaxel en monothérapie ont montré des taux de réponses biologiques sur le PSA de 45 à 58 % et des taux de réponses objectives entre 33 et 40 %. L’association avec l’estramustine permet d’augmenter le taux de réponses biologiques entre 45 et 74 % avec des taux de réponses objectives entre 51 et 58 %. Plus récemment les résultats de 2 études de phase III ont confirmé la supériorité du docétaxel par rapport à la mitoxantrone avec un gain de 2 mois en médiane de survie et une diminution du risque de décès de 27 %.