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RevueÉvolution de la stratégie transfusionnelle en temps de guerreEvolution of transfusion in austere military environments

Research paper by BertrandPrunet1, PierreEsnault1, CédricNguyen1, JeanCotte1, AmbroiseMontcriol1, SandrinePons2, AnneSailliol3, JulienBordes1, EricMeaudre1

Indexed on: 10 Nov '17Published on: 01 Sep '17Published in: Anesthésie & Réanimation



Abstract

L’hémorragie demeure la principale cause de « décès évitables » au cours des conflits armés. La réanimation transfusionnelle (RT) constitue un des aspects du « damage control ressuscitation » qui vise à arrêter l’hémorragie et préserver la coagulation. En effet les moyens logistiques sont limités et les besoins transfusionnels supérieurs à ceux de la traumatologie civile qui est majoritairement fermée. L’acide tranexamique doit être utilisé dès la zone des combats car son bénéfice est d’autant plus important que son injection est précoce. La transfusion « préhospitalière » au cours de l’évacuation vers la structure chirurgicale de l’avant est réalisée pour les patients les plus graves. À cet effet, le plasma lyophilisé, préparé par le Centre de Transfusion Sanguine des Armées, universel pour le groupage sanguin et sécurisé, est particulièrement intéressant. La majorité des armées achemine des concentrés de globules rouges (CGR) et du plasma mais disposent très rarement de plaquettes sur les théâtres d’opération. Le choix du ratio de transfusion de plasma/CGR se situe entre 1/2 et 1/1 mais dans un souci d’efficacité la règle du 1/1 est plus simple à appliquer pour les blessés les plus graves. Le recours exceptionnel à la transfusion de sang total, prélevé et qualifié sur place, est justifié par le besoin en plaquettes. Le risque résiduel infectieux estimé est très inférieur au risque de décès par choc hémorragique traumatique. La biologie délocalisée est utilisée pour ajuster la RT mais les données cliniques priment tant que l’hémostase chirurgicale n’a pas été réalisée.