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Estimation des impacts atmosphériques des projets de gestion de trafic : de l’application des modèles théoriques sur des cas concrets

Research paper by S. Chanut, E. Chevallier

Indexed on: 07 Sep '11Published on: 07 Sep '11Published in: Recherche Transports Sécurité



Abstract

Outre ses nombreux impacts négatifs en termes économique et social, la congestion accentue les émissions de CO2 et de polluants locaux dues au trafic routier. La saturation des réseaux peut cependant être limitée par diverses mesures de gestion du trafic mises en place par l’exploitant; mais l’impact immédiat de ces mesures sur la qualité de l’air et les rejets de gaz à effet de serre reste très mal quantifié par les outils d’évaluation couramment employés. En effet, ces derniers utilisent des données de trafic très agrégées, qui ne permettent pas de représenter efficacement les modifications induites par les politiques de gestion du trafic dans la manière dont s’écoule le trafic. L’article présente un outil d’évaluation capable de prendre en compte ces effets: cet outil résulte de la combinaison d’un modèle dynamique de trafic et d’un modèle d’émissions. Un modèle de trafic dynamique unique (AIMSUN), très couramment utilisé dans les processus d’aide à la décision, a été couplé à différents modèles d’émissions, dans le but d’identifier les facteurs de modélisation pouvant conduire ou non à des différences d’estimation d’impact. Les différents couplages de modèles ont été mis en oeuvre et comparés entre eux sur deux mesures de gestion du trafic concrètes: la mise en place d’une voie réservée aux bus et aux taxis sur l’autoroute A1 entre l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle et Paris, d’une part, et une réduction de la limitation de vitesse sur une portion de la rocade A86 au nord-ouest de la capitale, d’autre part. Il s’avère que les variations d’émissions prédites par les différents modèles peuvent significativement varier. Les écarts observés entre les modèles ne résultent pas uniquement de différences dans leurs lois d’émissions, mais également de leur capacité à représenter les variations d’écoulement de trafic induites par les mesures de régulation. Cet article propose ainsi un premier éclairage permettant d’expliquer les écarts observés et identifie des pistes de progrès pour les recherches à venir sur les modèles de trafic et d’émissions ainsi que sur leur couplage.