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Épidémiologie et évolution des brûlures caustiques du tube digestif supérieur: à propos de 483 cas

Research paper by N. Oumnia, M. Lahcene, A. Tebaibia, N. Matougui, M. -A. Boudjella, B. Touchene

Indexed on: 29 Sep '09Published on: 29 Sep '09Published in: Journal Africain d'Hépato-Gastroentérologie



Abstract

L’ingestion d’un produit caustique est un accident fréquent et grave qui peut, à la phase aiguë, mettre en jeu le pronostic vital. L’endoscopie est capitale dans sa prise en charge. Le but de ce travail est de rapporter notre expérience des brûlures caustiques du tube digestif supérieur (TDS) et d’analyser l’évolution des lésions.Il s’agit d’une série de 483 patients colligés sur une période de dix ans. Il s’agissait de 247 enfants et de 236 adultes. La moyenne d’age des enfants était de 3,5 ans (extrêmes: 18 mois–15 ans). L’age moyen des adultes était de 26,7 ans (extrêmes: 16–78 ans), avec une nette prédominance féminine. Tous les patients ont bénéficié d’une endoscopie à la phase aiguë qui a permis de classer les lésions caustiques œsophagiennes et gastriques en fonction de leur sévérité et de leur étendue. L’endoscopie de contrôle a été réalisée 21 jours après l’ingestion du produit caustique dans tous les cas de stades sévères, elle a permis de vérifier la cicatrisation des lésions et de rechercher une éventuelle sténose oesophagienne et/ou gastrique. Un TOGD a été réalisé chez tous les patients porteurs de sténose oesophagienne et/ou gastrique. Tous les patients porteurs de sténose oesophagienne ont été dilatés en première intention avec le dilatateur de Savary-Gilliard. Les sténoses gastriques serrées symptomatiques ont été opérées.Le produit caustique le plus fréquemment en cause a été une base forte (décapant de four), retrouvé dans 77,4 % des cas. Les produits acides ont été incriminés dans 21 % des cas, les oxydants dans 1,6 % des cas (eau de javel concentrée). Chez l’adulte, l’ingestion était accidentelle dans 63 % et volontaire dans 37 %. Chez l’enfant, l’ingestion était accidentelle dans 85 % des cas et volontaire dans 15 % (chez l’adolescent). Des lésions caustiques œsophagiennes ont été retrouvées dans 64 % des cas avec 42 % de lésions peu sévères (I et IIA) et 58 % de lésions sévères (stades IIB et III). Dans 36 %, il n’y a pas été noté de lésions caustiques oesogastriques. Des lésions gastriques ont été objectivées dans 12 % des cas. Tous les malades présentant des lésions sévères ont été hospitalisés avec mise au repos du TDS. La fibroscopie de contrôle au 21e jour a permis de noter une évolution sténosante oesophagienne et/ou gastrique dans respectivement 67,5 et 78 % des lésions sévères. Dans 80 % des cas, les sténoses œsophagiennes ont été dilatées avec succès, les échecs (20 %) ont subi une oesophagoplastie colique ou gastrique. Une gastroentéroanastomose (GEA) ou une gastrectomie ont été réalisées dans les sténoses gastriques serrées symptomatiques.L’ingestion d’un produit caustique peut entraîner des lésions sévères qui peuvent se compliquer d’une sténose oesophagienne et/ou gastrique qui va altérer sévèrement la qualité de vie du patient.